Accueil > Chroniques > Arts et spectacles > Nous aurons vécu nous non plus

Nous aurons vécu nous non plus

Par Mélanie Létourneau ce 9 février 2011 à 15h47

Petit répit cette semaine chers lecteurs. Après avoir passé les deux dernières semaines à lire des ouvrages plutôt « noirs », il en est tout autrement pour la chronique d’aujourd’hui. En fait, je dirais même que le sujet est complètement aux antipodes des précédents, puisqu’il parle d’amour. Belle coïncidence avec la Saint-Valentin qui arrive à grands pas… Bref, voici cette semaine un livre d’un jeune auteur intitulé Nous aurons vécu nous non plus de David Ménard.

 

Avant de vous en faire un résumé, je dois dire que ce petit bouquin d’à peine 73 pages se lit en moins de 35 minutes, soit le temps d’une séance de vélo stationnaire… Un petit livre qu’on dévore presque d’une page à l’autre, notamment parce qu’il est rédigé dans une langue très imagée, presque poétique, voire romanesque. Comme un baume qu’on applique doucement sur des lèvres desséchées, Nous aurons vécu nous non plus nous ramène à l’essentiel de l’amour avec tout ce que cela implique : joies, peines, déceptions, attentes, souffrances, douceur, et surtout, espoir. Écrit sous forme de roman épistolaire, le lecteur a accès aux émotions les plus profondes des personnages en proie d’un mal-être qui tantôt les submerge, tantôt les angoisse. Une introspection de cet univers du vide amoureux que vivent ces personnages aux prises avec un mal de vivre sans exutoire. J’admets qu’à lire ces quelques lignes, on pourrait penser que le livre de David Ménard ressemble à une tragédie grecque ou à un amour impossible à la Roméo et Juliette, mais il n’en est rien. De un, la fin est moins tragique et de deux, après avoir lu le livre, on croit encore en l’amour même si les personnages du livre, eux, semblent moins convaincus.

 

Telles des bouteilles lancées à la mer, Nous aurons vécu nous non plus, raconte les histoires de trois personnages qui monologuent à leur façon, leur mal de vivre. Vava-Cuitée, la meilleure amie d’Ovide-Lyre, héros écorché des échanges épidermiques sans lendemain, console ce mal-aimé assujetti aux désirs de Honey-Comble, amant volage pour qui le désir arrive et repart au gré des foudres de l’instant présent. À travers eux, on assiste à leurs pensées les plus intimes, leur désir d’aimer et d’être aimé, leurs carences affectives, leur espoir de jours meilleurs, bref, on a presque envie de les consoler. Au-delà de l’histoire qui peut paraître déprimante, ce n’est pas ce qui transpire de ce livre de David Ménard. Probablement parce qu’il est superbement écrit et que malgré leurs souffrances respectives, les trois personnages semblent s’imbriquer les uns dans les autres, forme un trio serré par les liens d’amitié, et ce, même si l’amour s’en mêle. Comme on entend souvent à propos des relations de couple, «il faut que ça coule ». Et dans ce roman, le fleuve suit son cours, non sans parfois y rencontrer quelques rapides…

 

Quand je dis que le livre est écrit dans une langue imagée où on se plaît à sourire lorsqu’on visualise la scène décrite, même si on n’avait pas d’emblée pensé faire une association de ces mots en question, voici quelques exemples qui illustrent mon propos. « Souviens-toi de l’époque de notre rencontre au secondaire, dans le cours de mathématique, alors que tu noircissais des pages de calculs d’algèbre comme pour trouver une solution à la bêtise humaine. Et moi, je remplissais mes marges d’étoiles. Aujourd’hui, en ce temps de pénurie amoureuse, tu noircis ton présent et tes cartes blanches et je souffre de bursite à force de vouloir accrocher mes anciens gribouillis au ciel »; « Qui comprend encore l’amour à l’ère solitaire ? »; « Tisonnière et Brasero font de la combustion. Elle pique une crise d’hystérie et est tout feu tout blâme lorsqu’elle apprend qu’il brûle pour une autre », et je pourrais continuer ainsi plusieurs lignes durant. Mais je vous laisse le plaisir de découvrir ce petit bouquin que je relierai certainement avec autant de plaisir la prochaine fois. La prochaine fois sera en fait ma troisième… Ma note finale : 4/5

 

Nous aurons vécu nous non plus, disponible en librairie depuis janvier 2011, est publié chez les Éditions L’Interligne. Né en 1984 à Green Valley, village de l’Est ontarien, David Ménard réside actuellement du côté de la ville d’Ottawa. Il a obtenu sa  maîtrise en lettres françaises à l’Université d’Ottawa avec Sarcophages mon amour, Nous aurons vécu nous non plus suivi de l’Analyse du vide postmoderne, sa thèse déposée en 2008. Ce sont d’ailleurs les prémices de son premier roman.

Commentaires des lecteurs (0 commentaires)

Évaluation publique de la chronique
La chronique a présentement une cote de 0 / 5
Ajoutez votre commentaire

(Ne sera pas publiée)

Pas encore inscrit sur www.EditionBeauce.com?

Inscrivez-vous ici en quelques minutes, rejoignez le réseau qui vous en donne plus.

Les plus actifs seront sollicités pour des concours, promotions et évènements.

Inscription

Notre expert

Journal de Beauce-Nord


234, rue Baronet
Sainte-Marie
Tél. : (418) 387-1205


Mélanie Létourneau
Journaliste
En savoir plus sur moi
 

Mes dernières chroniques


Répertoire des entreprises

 
René Martel Courtier Immobilier
33, avenue des Îles
Scott, Québec G0S 3G0
(418) 806-3533
 
Beauce Vert Tout Vert
2640, 1ere avenue ouest
Saint-Georges, Québec G5Y 3P2
418-227-8171

Le coin des experts