Comme premier livre de cette toute nouvelle chronique, je vous présente « La société des pères meurtriers » de l’auteur Michel Châteauneuf. Un ouvrage classé thriller noir de 178 pages qui se lit presque d’un trait, mais dont l’intérêt s’essouffle quelque peu au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture.
« Il avait dû appliquer les freins parce que deux jeunes femmes au cul énorme traversaient la rue, sans presser le pas, chacune occupée à siphonner un milk-shake. Maudites crottées ». Voilà les premières lignes de ce thriller qui donne visiblement le ton au reste du livre. Un livre dont les mots sont grossiers, parfois très crus, mais cela n’apportent pas nécessaire plus à l’histoire. Certains passages m’ont même fait décrocher, tellement l’auteur y est allé dans les phrases un peu trop explicites, ce qui enlève un tantinet la magie de s’imaginer les détails. Trop, c’est comme pas assez. Surtout dans les propos quasi misogynes du personnage principal de Christian Saint-Amant. Néanmoins, je dois admettre que certains passages en référence à la femme sont habilement écrits. Par exemple, l’image est assez évocatrice dans l’extrait suivant : « Il trouvait sa conjointe moche avec ses cheveux trop courts et son visage aux traits tirés. (…) Il pensait que s’il se l’était procurée chez un fournisseur, il aurait retourné la marchandise en invoquant les vices cachés ».
Étant une habituée et fan incontestée de Patrick Senécal, je n’ai pu m’empêcher de comparer les deux auteurs, notamment dans leur style « noir », où l’humain est confiné à ses plus obscurs démons. Cependant, sans rien vouloir enlever à l’auteur, Michel Châteauneuf ne réussit pas à créer la même angoisse ou la même montée dramatique que Senécal. Cela dit, probablement que ce n’était pas non plus le but. Petit conseil, ne lisez pas ce livre si vous vous sentez dans une phase de frustration contre votre ado ou si vous avez été floué par quelqu’un qui vous était proche, cela ne fera qu’attiser la flamme de votre ressentiment. Après tout, c’est seulement un bouquin, il ne faut pas se fabriquer de scénarios inutilement négatifs…
Pour résumer l’histoire en quelques lignes, « La société des pères meurtriers » raconte l’histoire de Christian Saint-Amant, père de famille qui jongle avec l’idée de se débarrasser de sa progéniture, lui qui la croit indigne de poursuivre sa lignée. En adhérant à « la société des pères meurtriers », un ordre secret qui se spécialise dans l’épuration familiale, l’ex-policier espère ainsi réaliser son fantasme, mais à quel prix ? En fait, en lisant le livre, on ne sait pas réellement pourquoi le paternel en veut à son fils, ou à ses enfants puisque, bien que pas tous de la même mère, Christian ressent néanmoins la même haine envers sa progéniture. Certes, il semble déçu de ce qu’ils deviennent, mais de là à les éliminer… Sa relation avec sa fille n’est guère mieux, voire même incestueuse puisqu’étant prostituée, une scène particulièrement dérangeante entre le père et la fille sème quelques grimaces de dégoût, et surtout de perplexité. Enfin !
L’idée de départ est intéressante, non pas parce qu’il faut se débarrasser de sa progéniture, mais parce qu’elle dégage quelque chose de nouveau, du moins dans le traitement du sujet des relations parents-enfants. L’auteur réussit à rendre le personnage du père Christian Saint-Amant très crédible, notamment dans l’utilisation d’un langage du type enragé sans tomber dans l’exagération. On embarque dans le tourment intérieur de Christian et on a presque hâte de savoir s’il rendra son plan d’éliminer sa descendance vraiment à exécution. Le rythme se tient et la montée dramatique et chronologique de l’histoire aussi. Malheureusement, cela se gâte un peu à la finale. Une finale un peu abrupte comme s’il avait fallu trouver une fin pour trouver une fin. Après toute cette mise en scène, toute cette attente, le pétard finit par être mouillé. Vraiment pas ce à quoi je m’attendais. Somme toute, « La société des pères meurtriers » vaut la peine d’être lu, ne serait-ce que pour sortir des sentiers battus de nos traditionnels choix littéraires.
Ma note finale : 3/5

« La société des pères meurtriers » de Michel Châteauneuf, paru en octobre 2010, est publié aux Éditions Vents d’Ouest. L’auteur est également enseignant en littérature au Collège Laflèche de Trois-Rivières. Son précédent ouvrage intitulé La Balade des tordus (La Veuve noire éditrice) a été finaliste en 2007 à la fois au Prix de littérature Clément-Morin et au Prix des bibliothèques publiques CQLM.
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