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Il ne fait aucun doute pour le président et chef de la direction de Manac, Charles Dutil, que les emplois reliés au secteur manufacturier et l'économie du Québec sont étroitement liés. Si le contexte manufacturier au Québec a vécu une transformation importante, les entrepreneurs ont donc dû s'adapter aux nouvelles réalités d'aujourd'hui.
C’est en substance le message que Charles Dutil est venu partager à l’occasion du Rendez-vous EEB. Sa présentation portait sur ce que Manac et ses dirigeants vivent au Québec en tant que manufacturiers, les défis que ça amène et les impacts que l’entreprise a vécus. Au cours des 45 dernières années, soit depuis la fabrication de la toute première semi-remorque en 1966, l’entreprise beauceronne a dû composer avec un contexte manufacturier très changeant. On pense entre autres à l’arrivée du libre-échange, les nombreuses variations du taux de change, l’évolution constante des programmes sociaux, la mondialisation et les défis démographiques. Tous ces facteurs ont obligé les dirigeants de Manac à s’adapter afin de rester compétitifs. Si l’entreprise comptait un millier d’employés dans trois usines au Canada en 2002, on en dénombre désormais 638 dans la seule usine à Saint-Georges et 346 dans les deux usines américaines. Pour la même période, le secteur manufacturier comptait pour 14,9 % des emplois canadiens avant de chuter à 11,2 % en 2012. Il s’agit d’une perte de près de 500 000 emplois et plus de 15 milliards de dollars en salaires.
Faire autrement
Pour Charles Dutil, il n’est aucunement envisageable que Manac quitte un jour Saint-Georges. « Je ne voudrais pas être ailleurs et élever mes enfants ailleurs qu’ici à Saint-Georges. Ce qui me passionne dans mon travail, c’est d’améliorer l’environnement dans lequel on vit et également d’améliorer la vie des gens qui nous entourent, qui nous font confiance », a-t-il tenu à préciser. Cette décision de conserver le siège social et l’usine en Beauce a cependant nécessité une façon de faire bien différente. « L’écart entre l’unité produite ailleurs au Québec et en Ontario versus Saint-Georges en 2002 était de 6 %. Aujourd’hui, la valeur de l’unité produite ici est de 32 % supérieure à celle fabriquée aux États-Unis. Ici, il faut donc fabriquer des remorques avec plus d’essieux, plus de composantes et d’options, ce qui nous isole des compétiteurs américains à gros volume. On ne pourrait pas faire du boudin à Saint-Georges », d’expliquer Charles Dutil, qui ajoute que pour demeurer viables et rentables, les entreprises doivent s’adapter que ce soit par une relocalisation de certaines opérations, un changement du modèle manufacturier et une segmentation de marché plus précise tout en se hissant dans l’échelle des valeurs. « L’adaptation des entreprises se fait trop souvent au détriment de l’économie du Québec », de conclure Charles Dutil.
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