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Un peuple sans histoire en quête d’identité

Loi sur l'identité québécoise

Lord Durham, Jean Charest et Mario Dumont.

10/29/2007 5:55:17 AM

ÉDITORIAL

Par René d'Anjou

Dans quelques jours, soit le 1er novembre, la Commission Bouchard-Taylor, tiendra à Saint-Georges, sa consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles.

Cette tournée nous amène donc à un certain nombre de réflexions et nous vous en livrons quelques-unes aujourd’hui.

Il y a 30 ans l’Assemblée nationale du Québec adoptait, la Loi 101 qui donnait aux Québécois un moyen pour protéger ce que nous étions et sommes encore, des francophones, au nombre d’environ 6 000 000, dans une mer anglo-saxonne de 350 000 000 d’individus qui eux cherchent dans le sud et le sud-ouest des États-Unis, à se protéger contre l’influence de l’Espagnol!

Au fil des mois, on constate que les accommodements raisonnables sont le fruit de notre trouille à vouloir à tout prix passer pour la nation la plus accommodante du monde, un lieu d’accueil pour ceux et celles qui ne parviennent pas à s’imposer chez eux et qui voient en notre ouverture d’esprit une terre fertile à faire n’importe quoi, n’importe où et n’importe quand.

Nous sommes tellement accommodants que nous sommes prêts à enlever les crucifix sur tous les murs de nos institutions pour plaire au moindre groupuscule. Bientôt se seront peut-être les clochers de nos églises que nous voudrons faire disparaître pour plaire à quelques individus.

Qu’on le veuille ou non, c’est le clergé qui a contribué à la sauvegarde de notre langue et notre culture après la conquête anglaise. Sans lui nous serions sans doute comme les centaines de milliers de Franco-américains, «baragouinant» une langue presque incompréhensible à cause de l’assimilation.

On met même l’accent sur «le déclin» de la religion pour justifier la nécessité de descendre les crucifix là où il s’en trouve encore, comme celui de l’Assemblée nationale. Il faut faire attention, le fait d’être non-pratiquants pour de nombreux Québécois, cela n’en fait pas nécessairement des athées.

Les Québécois, jusqu’à preuve du contraire, restent attachés à leur tradition et leur patrimoine non pas dans un esprit folklorique, mais parce que c’est là l’essence même qui a façonné notre histoire. Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Quelques-uns de nos Internautes se souviendront de cette phrase célèbre de John George Lambton, comte de Durham, dit Lord Durham, nous qualifiant de peuple sans histoire et sans littérature.

Dans son rapport de 1839, Lord Durham ajoutait : «Quelques efforts qu'ils fassent, il est évident que l'assimilation aux usages anglais a déjà commencé. La langue anglaise gagne du terrain comme la langue des riches et de ceux qui distribuent les emplois aux travailleurs. Il apparut, par quelques réponses que reçut le commissaire de l'Enquête sur l'Instruction, qu'il y a à Québec dix fois plus d'enfants français qui apprennent l'anglais, que d'Anglais qui apprennent le français. Il s'écoulera beaucoup de temps, bien entendu, avant que le changement de langage s'étende à tout le peuple.»

Ce qui nous a sauvés de l’assimilation c’est sans contredit la force du nombre puisque nous représentions au Bas-Canada, 450 000 habitants contre 150 000 de langue anglaise. Lord Durham prônait d’ailleurs l’union des deux provinces, le Haut et le Bas Canada pour donner une majorité nettement anglaise au pays.

On peut lire un large extrait du rapport de Lord Durham en cliquant ICI.

Donc, 138 ans plus tard, en 1977, le gouvernement du Québec a cru important de faire adopter une Loi protégeant notre langue comme les États-Uniens ont fait avec leur langue pour la protéger de l’influence de plus en plus grande de la langue espagnole.

En 1977, des groupuscules se sont élevés contre la Loi 101 la disant inconstitutionnelle et contraire à la démocratie et parmi ces gens il y avait de nombreux politiciens et Québécois francophones qui prétendaient, comme en retrouvent aujourd’hui, que l’on veut faire du Québec deux classes de gens, des citoyens de première et de deuxième classe. D’autres, comme M. Mario Dumont estime que la constitutionnalité et l'applicabilité du projet de loi demeurent douteuses.

Il est actuellement surprenant de voir de nos hommes politiques prétendent haut et fort que les immigrants, installés au Québec, n’ont pas besoin de maîtriser le moindrement la langue française pour se présenter à des élections pour des postes décisionnels. Cela revient à dire qu’il ne sert à rien d’apprendre et de nous battre pour le maintien de notre langue !

Pour Mario Dumont, tenir un tel langage équivaut à se mettre la corde au cou car il risque gros auprès de son électorat francophone fraîchement acquis. C’est plus compréhensible de la part de Jean Charest qui ne veut pas perdre le West-Island de Montréal.

Si nous ne sommes pas capables de nous affirmer en tant que nation, alors que valons-nous? On n’a pas à s’excuser d’être une nation; nous devons être fiers de l’être. C’est lorsque nous serons fiers d’être Québécois et francophones que les immigrants seront plus à l’aise de s’intégrer à notre société.

Aujourd’hui, 30 ans après la Loi 101, le Parti québécois revient à la charge avec un projet de loi 195 intitulé «Loi sur l'identité québécoise» que l’on peut lire en cliquant sur le lien suivant : Projet de loi 195.

Avant de s’excuser de vouloir assurer notre survivance dans des conditions honorables et selon nos valeurs, il faut réfléchir sur les propos et les gestes que nous nous apprêtons à poser, car il y a beaucoup de Lord Durham qui dorment en nous.

Soulignons, en terminant qu’en 1988, la Cour suprême du Canada elle-même dans l'affaire Ford c. Québec (Procureur général), [1988] 2 R.C.S. 712, «le langage constitue le pont, entre l'isolement et la collectivité, qui permet aux êtres humains de délimiter les droits et obligations qu'ils ont les uns envers les autres et, ainsi, de vivre en société». Dans cette optique, il apparaît justifiable et défendable l’adoption d’une loi consolidant l’identité québécoise, même si Lord Durham devait se retourner dans sa tombe!

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