Par Paul-André Parent
2/6/2008 1:36:47 AM
L’amour est aussi parfois, et même souvent, la source de grands changements dans des vies. C’est ce qui est advenu à Arturo et Diane. Ils se sont rencontrés à Mexico, la capitale du Mexique, au début des années 1980 et se sont mariés à Mexico en avril 1985. En octobre de la même année, la situation économique et d’autres circonstances ont amené le couple à réintégrer ou immigrer au Québec. Ils sont maintenant des Beaucerons à 100%.
Le Mexique
Le Mexique est un pays connu des gens de notre région, mais fort mal connu dans sa réalité. Quand on pense Mexique, c’est aussitôt l’image des plages et de la chaleur qui nous habite. On pense mariachis, espagnol, et douce vie. Cette vision du Mexique est celle des touristes.
Le vrai Mexique est un grand pays de contrastes. Pays où il faut penser à la cohabitation pas toujours facile entre les descendants espagnols et les indigènes. Un pays de chaleur tropicale dans certaines régions des côtes et du sud, et de fraîcheur et même de climat sévère dans certaines régions des plateaux, dont Mexico, la capitale.
Le vrai Mexique, c’est aussi un pays d’extrême richesse et d’extrême pauvreté avec une classe moyenne très représentée dans les secteurs urbains. Bordé au sud par le Guatemala et le Belize, ce pays comptant 31 états porte le nom officiel des États-Unis Mexicains. La population est de 107 millions d’habitants alors que la capitale Mexico en compte 25 millions. Mexico est située à 2 357 mètres d’altitude ce qui lui procure une température douce en été et fraîche en hiver.
Arturo
Arturo Silva était et est un Mexicain de Mexico, la capitale. Né d’une famille aisée comptant 4 enfants, Rebecca, Fernando et René, et évidemment Arturo, il a fait des études de psychologie à l’université Intercontinentale où il a obtenu une maîtrise en psychologie clinique. Il a pratiqué pendant deux ans et s’est alors vu offrir un poste pour une société aérienne.
Mais Éros était entre-temps passé sur sa route et il lui avait fait rencontrer Diane. Cette Diane vivait au Mexique depuis quelques années et travaillait dans le milieu touristique. À titre de polyglotte, elle recevait des groupes de visiteurs et s’assurait du succès de leur visite. Quand des problèmes sont survenus au niveau des groupes organisés de visiteurs, Diane a choisi de revenir chez elle pour réorienter sa carrière. Mais… Arturo avait un grand choix à faire. Accepter l’emploi ou prendre épouse et partir. Une décision déchirante, mais quand on aime…
À Québec, Lac-Brome et Beauce
Le 17 avril 1985, ils s’épousaient et à l’été, devant la tragique situation du tourisme américain de groupe, ils décident qu’ils vont tenter leur chance au Canada. Diane quitte donc pour venir à Québec, question de trouver logement et travail ainsi que de faire le nécessaire pour l’arrivée d’Arturo.
En octobre, Arturo arrive et le couple vivra pendant quatre ans à Québec. Il travaille pour différents employeurs et suit des cours de français ainsi que ceux qui confirmeront ses compétences en psychologie à l’université Laval.
Pendant tout ce temps, il est à la recherche d’un emploi stable. Il finit par faire une demande pour un poste à la fonction publique fédérale. On l’invite alors à un concours d’inspecteur des douanes. Il obtient un poste à Glen-Sutton et y vivra quatre ans avant d’être muté à Armstrong. Il arrive donc en Beauce en 1993 et habitera Saint-Zacharie pendant deux ans avant de s’installer définitivement à Saint-Georges. Il est alors inspecteur des douanes.

Arturo vit à Saint-Georges avec sa femme Diane et ses enfants Felicia et Julien
Heureux Beaucerons
Arturo Silva est aujourd’hui surintendant à l’Agence des services frontaliers du Canada à Armstrong. Son épouse, Diane Parent, et ses deux enfants, Felicia et Julien, vivent à Saint-Georges. Des enfants qui ne sont plus vraiment des enfants. Une famille qui est vraiment beauceronne.
Quand on lui demande s’il a vécu des problèmes d’adaptation ou de ségrégation lors de son arrivée au Québec ou en Beauce, Arturo dit n’avoir eu aucun problème majeur. De l’isolement au début parce qu’il ne parlait pas français et en Beauce au début, parce que quelques-uns le considéraient comme un voleur de job. Selon lui, ces derniers constituaient une faible minorité.
Arturo se sent bien chez nous. Il aime l’hiver davantage que l’été qu’il trouve parfois trop chaud et humide. Il faut dire qu’à Mexico, la température n’est que rarement extrême. Le coût de la vie est semblable à ici et il a l’avantage de se sentir responsable totalement de lui-même. Chez nous, il a vécu comme une renaissance dans un nouveau milieu, avec des gens différents, et avec ses ressources pour faire vivre les siens, contrairement à Mexico où la famille rendait tout plus facile.
Sa Beauce
Il voit encore régulièrement les siens. Ils viennent en visite ou alors c’est lui et sa famille qui y vont. Le téléphone et Internet sont un lien très pratique. Et c’est bien ainsi. Il s’est senti bien accueilli et s’y sent encore bien aujourd’hui. Il en a fait son chez-soi et il n’a aucune intention de retourner au Mexique. Et si c’était à refaire, il le referait sans hésiter.
! Muchas gratias Arturo !
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