Moins un débat qu'un cri du cœur

L'hôtel Le Journel de Saint-Joseph-de-Beauce vient de voir naître mille et une idées novatrices. Ce lundi 20 août, c'était en effet jour de débat pour les candidats Laurent Lessard (Parti libéral, Lotbinière-Frontenac), Clément Pouliot (Parti québécois, Bellechasse) et André Spénard (Coalition Avenir Québec, Beauce-Nord). Organisé par la Fédération de l'UPA de la Beauce, la soirée a surtout été une occasion pour des producteurs agricoles d'exposer leurs difficultés à ceux qui pourraient les représenter à compter du 4 septembre prochain.

Le débat était divisé en trois thèmes: L'agriculture et la forêt dans le développement économique et la future politique bioalimentaire, Les terres en culture: un patrimoine à protéger et enfin, Le rôle de l'État dans la sécurité du revenu.

Selon le tirage au sort que j'ai personnellement réalisé, Clément Pouliot était celui qui pouvait exprimer ses visées à propos de la première problématique. « Le Parti québécois, c'est le parti des agriculteurs », a lancé d'emblée M. Pouliot. S'il est élu, il s'est notamment engagé à créer une politique agricole dans les plus brefs délais.

Au deuxième bloc, le tirage avait avantagé Laurent Lessard. Visiblement plus expérimenté dans le domaine que ses adversaires, c'est en lion que M. Lessard a expliqué en long et en large que la meilleure façon de protéger le territoire agricole, c'est de le développer.

Pour le troisième sujet, le crachoir est allé à André Spénard. Ce dernier souhaite considérer les entreprises agricoles comme des entreprises et que le gouvernement agisse en complément avec la financière agricole. « Les producteurs ont besoin de liquidité immédiate », dit-il.

Pour conclure la discussion, chacun des candidats a pu s'exprimer d'une façon plus générale. Selon M. Spénard, il y a beaucoup de problèmes qui se jouent sur plusieurs facteurs, et si l'État ne soutient pas ses producteurs, les grands comme les petits, c'est toute la communauté qui en souffre. « Il faut agir efficacement, ponctuellement et rapidement », a-t-il affirmé.

Du côté de Clément Pouliot, il croit que la situation doit changer grâce à la future politique agricole, laquelle doit abolir ou affaiblir tout ce qui nuit au développement des producteurs agricoles. « On va passer à l'action rapidement, pour donner ce que les producteurs veulent avoir. »
Quant à Laurent Lessard, il a insisté sur le fait que les agriculteurs devraient être capables de bien vivre de leur travail et pour y arriver, les choses devront changer. « On est capable de changer un modèle. »

Notons qu'entre chaque bloc, le public, dont plusieurs producteurs, a pu poser des questions aux trois candidats. Questions qui étaient surtout des cris d'alarme pour faire savoir aux hommes politiques que la vie à la ferme n'est pas toujours rose. Devant ce défi, André Spénard a semblé écouté religieusement et prendre des notes mentales de leurs états d'âme, pendant que Laurent Lessard répondait grâce à sa connaissance du terrain et que Clément Pouliot, plus reculé, s'appuyait sur la plateforme de son parti. En résumé, bien des idées ont été exprimées, mais il n'y a pas vraiment eu de débat. Tous étaient d'accord pour faire changer les choses, et nous sauront le 4 septembre prochain s'il s'agissait d'engagements solides ou encore de beaux discours…