Par Paul-André Parent
3/25/2007 1:12:15 AM
Par Paul-André Parent
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) avait jusqu’à vendredi dernier, 16 mars 2007 pour se prévaloir de son droit d’acquérir la totalité des actifs de la compagnie Québec Central qui opérait le chemin de fer en Beauce-Appalaches. L’homme d’affaires Jean-Marc Giguère de Tring-Jonction espérait une action gouvernementale positive pour éviter le démantèlement. Selon ses commentaires recueillis par le quotidien La Presse, il est déçu que l’on abandonne ce mode de transport alors qu’ailleurs, même dans le nord de Montréal, on y revient à grands frais.
On se souvient que Québec Central s’était placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers au cours de l’hiver dernier. Dans le cas d’un chemin de fer, ce que la loi qualifie de transport guidé, il est prévu que le MTQ a 90 jours pour faire connaître sa volonté de procéder à l’achat. Le MTQ ne s’en est pas prévalu. Il aurait plutôt demandé, au dernier jour, une prolongation de délai, ce qui a été refusé.
Pendant les mois de sursis, Québec Central aurait effectué démarches sur démarches à travers l’Amérique pour trouver preneur, mais sans succès. Des offres ont cependant été reçues de nombreux ferrailleurs, au moins une dizaine de partout à travers les Amériques, pour l’achat des rails. Le démantèlement pourrait donc débuter au cours des jours ou des semaines qui viennent, à moins que des changements de dernière minute surviennent.
La firme Ernst & Young assure le suivi des opérations et pourrait donc procéder au démantèlement des 250 milles de rails du chemin de fer. Il restera aussi à vendre les 130 millions de pieds carrés de terrain et les autres actifs de l’entreprise.
L’acquisition du Québec Central avait été faites, en1999, par Jean-Marc Giguère au coût de 18 M$. On estime que les terrains valent aujourd’hui 13 M$, selon les évaluations. Les rails, locomotives et autres actifs divers devraient totaliser de 13 à 15 M$ pour un total de 27 M$ environ. Comme le passif de l’entreprise est d’environ 14 M$, on estime que le démantèlement devrait permettre de payer tous les créanciers.

Il reste que l’ensemble de l’opération cadre bien mal avec l’ère de l’environnement que nous vivons et qu’il est difficile de comprendre que l’emprise ne soit pas conservée pour des besoins futurs, ferroviaires ou autres, par nos gouvernants. Les possibilités sont innombrables : Route verte, route pédestre, sentier de motoneige en hiver, sentier de ski fond avec relais, retour de la voie ferrée dans 20 ans. Pourquoi détruire ? Le gouvernement a peut-être encore le temps d’agir.
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