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CHRONIQUE
Le poids des mots
4/3/2007


Et si, par les paroles que nous prononçons, le vocabulaire que nous choisissons, nous véhiculions beaucoup plus que des points de vue et des sentiments?  Le poids des mots est lourd de sens. Les messages que nous transmettons peuvent aider une personne vivant des difficultés à reprendre du pouvoir sur sa vie ou renforcer sa croyance qu’elle ne s’en sortira  jamais. Les propos que nous tenons à l’endroit d’un enfant peuvent l’amener à croire en lui ou à douter de son potentiel et de ses capacités.

Par notre discours, nous pouvons être des messagers de justice, d’égalité, de respect.
Reconnaître les droits de nos semblables ainsi que les différences, les respecter dénoncer la violence sous toutes ses formes, cesser de véhiculer des préjugés sont autant de façons de promouvoir la justice et de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie au sein de notre couple, de notre travail, de notre communauté.

Nous sommes, toutes et tous, responsables de ce que nous disons et de la manière dont nous le disons.  Le choix des mots que nous utilisons rend-il justice à la réalité, la dilue-t-il, la simplifie-t-il?  Lorsque nous parlons de chicane de ménage au lieu de violence conjugale, lorsque nous faisons référence à une perte de contrôle plutôt qu’à une prise de contrôle, sommes-nous conscients que nous banalisons la situation et diminuons la portée de la violence?  Réalisons-nous que l’absence de mots peut être tout aussi dommageable?  Que nous cautionnons la violence en ne prenant pas position devant celle-ci?

Avons-nous le courage d’aborder la violence sous l’angle des rapports de domination, de responsabiliser la personne qui l’exerce, de ne pas jeter le blâme sur la victime et de dire, haut et fort, qu’elle est inacceptable et que rien ne la justifie?

Et si nous devenions des porteurs de justice?

Sylvie Rousseau,
Psychologue

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