Nos élus continuent de se prononcer sur la crise politique qui sévit actuellement sur le Québec et pour ce reportage, nous avons rencontré le maire de Ville Saint-Joseph-de-Beauce, Michel Cliche. Un homme de convictions qui n’a pas peur des mots.
Lorsque nous avons demandé à Michel Cliche ce qu’il pensait du climat politique, tant au niveau municipal que provincial, le maire de Ville Saint-Joseph-de-Beauce a apporté une nuance dans le concept de « crise ». « Je ne dirais pas une crise politique, mais plutôt une maladresse politique du gouvernement qui fait en sorte qu’on devient la risée du Québec », a-t-il affirmé en faisant référence au sujet qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps : les « enveloppes brunes ». En ce qui concerne le climat politique au niveau provincial, le maire croit que la dernière année en est une de carrément perdue. « C’est triste, mais il n’y a pas de communication entre les gens, ce sont des dialogues de sourds et pendant l’année qu’aura duré ce monologue, il n’y a pas eu de dossiers qui se sont réglés », soutient M. Cliche. Quant à lui, aucun parti politique provincial ne s’est distingué durant la dernière année. « À cause de cela, nous avons perdu au Québec un an d’efficacité et de développement », estime Michel Cliche. Une enquête dans le domaine de la construction devrait avoir lieu, car ne pas tenir d’enquête aura pour conséquence, entre autres, de miner la crédibilité des élus.
Mandat limité des élus
Et si la politique municipale, provinciale et fédérale empruntait le modèle de nos voisins du Sud, c’est-à-dire un maximum de deux mandats pour l’équivalent de huit ans au pouvoir, est-ce que cela serait une bonne chose ? Là-dessus, le maire de Saint-Joseph-de-Beauce répond par l’affirmative. « Un mandat de maximum huit ans permet d’activer la relève. Au municipal, c’est plus délicat, il faudrait que ce soit le maire et deux ou trois conseillers par exemple qui changent plutôt que de changer tous les conseillers d’un coup. Repartir avec un nouveau conseil au complet à chaque fois pourrait être un peu trop », estime Michel Cliche élu deux fois par acclamation à titre de maire.
De quoi sera faite 2011 ?
Le maire de Ville Saint-Joseph-de-Beauce ne croit pas à un revirement majeur dans le climat politique pour 2011. « Moi je crois que 2011 va commencer comme s’est joué 2010 et je pense même que cela va traîner jusqu’aux prochaines élections provinciales en 2012. Quelle sera donc la stratégie à adopter pour raviver la flamme politique ? « Ça va prendre des idées nouvelles, avant-gardistes. On sait que l’environnement, tout ce qui touche la planète et la qualité de vie des jeunes générations sont au cœur de leurs préoccupations », constate M. Cliche. Le maire souhaite également que la relève soit au rendez-vous, et ce, malgré que les gens soient méfiants envers la politique. « En politique, il faut être capable d’accepter la critique et être capable de vivre avec ses décisions. On ne peut jamais faire l’unanimité, ce qui fait qu’il ne faut pas être rancunier, c’est du moins ce que j’ai appris au fil du temps », de conclure le maire Cliche.
Édition Beauce a décidé de rencontre plusieurs acteurs politiques beaucerons pour connaître leur point de vue sur la situation actuelle. Vous pouvez lire les cinq premiers articles, des entrevues avec Robert Dutil, ici, avec Janvier Grondin, ici avec Maxime Bernier, ici, avec Harold Guay, ici et avec François Fecteau, ici. Mercredi et vendredi, lisez la suite des reportages de cette série, des entrevues avec Luc Provençal et André Côté.