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Des quilles à la littérature
3/12/2007 1:32:04 AM
Mieux connu dans le milieu des quilles que de la littérature, Alain Lessard, un jeune homme de 23 ans, diplômé en psychologie, a une passion, celle de l’écriture depuis déjà plusieurs années.
D’abord porté vers la poésie, c’est, chez lui, une pulsion, qui le capture et le force à peindre en mots ce qui l’indigne et le révulse. Que ce soit sous forme de poèmes ou de textes de chansons, tout pour lui est prétexte à dénoncer, à dépasser ce qui l’opprime.
C’était, dimanche, le lancement de son premier roman intitulé À tous ceux qui ont si bien su me laisser mourir; ce lancement se faisait à la Chapelle du Centre Marie-Fitzbach devant de nombreux amis, parents et amants de littérature.
C’est surtout depuis l’été dernier que le jeune homme, qui est assistant-gérant au Salon Quilles Plus, de la Première Avenue à Saint-Georges, qu’il se consacre davantage à l’écriture.

Lors de la présentation de son roman, Alain Lessard a avoué avoir perdu des gens proche de lui, c’est pour cette raison qu’une partie des profits de la vente de son volume va être versée au Centre de prévention du suicide.
Son roman, c’est l’histoire d’Alexandre, qui, a dix-sept ans, veut s’enlever la vie. Assis au pied d’un arbre, la corde qui va le pendre juste au-dessus de sa tête, il écrit tout ce qu’il a sur le cœur : ses peurs, ses rêves, ses angoisses et ses désirs inassouvis. Il dépeint une société qui a cessé d’écouter ses enfants.
Le temps… que l’on dit si précieux, mais que l’on continue à laisser filer entre nos doigts. On le bafoue de « plus tard » ou de « un jour ».
Il tire à boulets rouges sur sa mère, qui l’a éduqué en se laissant dominer par ses vieux fantômes. Il s’acharne sur son père, absent et alcoolique, qui a toujours tenté d’imposer sa vision de la réussite.
Puis vient le tour de Maude, son grand amour, dont il garde les plus beaux souvenirs, mais aussi le goût amer de sa trahison. Enfin, il se livre sur le sentiment de culpabilité qui le ronge suite au suicide d’Olivier, son unique confident.
Surviennent alors de nombreux rebondissements inattendus ainsi qu’une finale tenant en haleine jusqu’à la limite du supportable.
À tous ceux qui ont si bien su me laisser mourir est le premier roman de l’auteur Alain Lessard. Le lecteur y découvre d’une façon touchante les difficultés que peuvent vivre les adolescents de notre époque. Dans un langage franc et parfois provocateur, mêlé au lyrisme de la poésie, le personnage lance un cri d’alarme à une société qui ne prend peut-être pas assez le temps de vivre ni d’écouter ses enfants.
Un livre qui fait tantôt rire, tantôt pleurer, mais qui surtout fait réfléchir sur les répercussions que peuvent avoir les comportements et réactions que l’on adopte avec soi-même et les autres.
On peut retrouver ce livre dans toutes les bonnes librairies de la région et sûrement aussi au Salon de Quille Plus de la Première Avenue, au cœur de Saint-Georges.
On peut visionner un court film tourné lors du lancement du roman d’Alain Lessard avec un extrait de la chanson « Les choses les plus simples » interprétée par Joan Baez.
Notre photo : Le peintre Charles Bégin, le jeune auteur, Alain Lessard et le directeur général des Éditions du Mécène, M. Jacques Bernard.
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