Google L'évolution d'un projet de développement domiciliaire à Saint-Benjamin inquiète deux citoyens qui désirent protéger la faune et la flore du secteur Cumberland. La municipalité affirme cependant respecter les normes environnementales en construction et met sérieusement en doute les propos tenus par les opposants à cette initiative.
Représentant de la Corporation de la protection forestière en Beauce-Etchemins et habitant de Saint-Benjamin, André Roy désire depuis longtemps la création d’un corridor écologique permettant un lien entre les milieux humides et les ravages de chevreuils longeant la rivière Cumberland. Pour ce faire, M. Roy désire confirmer la protection d’une portion de terres publiques de 400 hectares d’où s’approcherait beaucoup trop la venue de nouvelles résidences à court terme.
« Il faut faire un choix entre la protection de l’environnement et le développement résidentiel. Il y a un potentiel pour construire 200 maisons près des terres publiques avec des fosses septiques. La question est de savoir si la municipalité possède un plan B. Je ne pense pas que ce sont des gestes de mauvaise foi, mais on pense beaucoup aux profits là-dedans. Un corridor vert garderait l’habitat en place, d’autant plus qu’il n’y a aucune aire protégée en Beauce actuellement », de dire ce dernier.
Ces propos sont corroborés par Jean Poulin, président de l’Association pour la protection des milieux humides de la Cumberland. Toujours dans une optique de protection environnementale, ceux-ci ont demandé une caractérisation du territoire par des biologistes durant l’été et l’automne 2011. Selon M. Poulin, les rapports ont démontré un potentiel de conservation allant d’élevé à très élevé, situation justifiant la possible concrétisation d’un corridor vert.
Cependant, comme il s’agit ici de terres publiques, seul le ministère des Ressources naturelles (MRN) peut décider d’imposer une zone de protection sur ce même territoire. Relationniste au MRN, Éric Santerre a précisé que le gouvernement provincial a lui-même procédé à une caractérisation détaillée du secteur de Cumberland. Les résultats de cette enquête écologique seront dévoilés au plus tard en début février.
La version municipale des faits
Mairesse de Saint-Benjamin, Martine Boulet a voulu remettre les pendules à l’heure sur cette idée de développement domiciliaire amorcée il y a sept ans. On retrouve présentement 35 maisons dans le quartier visé comptant les rues Du Boisé, Du Bosquet et Des Érables. Pour des constructions futures, un autre secteur serait utilisé, ce dernier se trouvant davantage vers le centre du village qu’en direction de la rivière Cumberland. Mme Boulet croit que la municipalité a toujours agi avec professionnalisme dans ce dossier.
« M. André Roy s’est lui-même construit dans ce développement. Pourquoi les autres n’auraient-ils plus le droit ? Il y a environ de cinq à sept résidences qui se construisent annuellement dans le coin de Cumberland. On est loin d’arriver à 200 maisons ! De plus, on ne peut faire aucune construction sur des terres publiques, mais les maisons peuvent frôler les frontières de ces territoires. Lorsque nous ferons du nouveau développement, ce sera toujours fortement réglementé comme c’est maintenant le cas », stipule la mairesse.
Martine Boulet entend bien contester la décision du MNR si le territoire défini de 400 hectares devient une zone protégée en son entier. Elle invite d’ailleurs les citoyens du village à se présenter à l’Hôtel de Ville afin de consulter les documents et cartes prouvant le respect des procédures dans l’édification de nouvelles maisons à Saint-Benjamin. Avec la MRC des Etchemins, elle ajoute s’être déjà assise avec André Roy et Jean Poulin pour discuter sur ce sujet. Ces échanges ne semblent pas avoir réglé le conflit entre les parties impliquées.
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