Édition Beauce - L'actualité et les nouvelles de la Beauce
ACCUEIL
 COUP D'OEIL 
Aujourd'hui    |     Actualités régionales     |     Affaires     |     Culture     |     Communautaire     |     Sports     |     Nouvelles de la semaine     |    archives

Des Beaucerons venus d’ailleurs…de la Grèce jusqu'à Saint-Georges

Les sept frères Panayotopoulos

7 frères Panayotopoulos

Les 7 frères Panayotopoulos en 1972. À l'avant: Jimmy, Constant et Grégoire. À l'arrière: Angélo, Théo, Tony et Christos. Merci à mon ami Théo, qui m'a fourni quelques photographies, ainsi que les informations incluses dans ce reportage (Yvon Thibodeau)

Par Yvon Thibodeau
4/17/2010 1:40:29 AM

Les Panayotopoulos font partie de l'histoire de Saint-Georges, tout comme le sont les Davis, les Smith, les Thabet, les Tawel ou encore les Anto. Il fut un temps où plusieurs jeunes dames de notre ville, qui étaient en âge de se trouver un époux (ou qui n'étaient pas satisfaites de celui qu'elles avaient), étaient attirées par ces sept jeunes Adonis au teint bronzé et aux cheveux couleur d'ébène, qui ne parlaient pratiquement pas un mot de français, mais qui étaient détenteurs d'un charme irrésistible.

C'est en 1964 que six des frères Panayotopoulos vinrent s'établir à Saint-Georges de Beauce. Le plus jeune d'entre eux, Christos, les a rejoints deux ans plus tard. Originaires d'un petit village près de la ville d'Olympie, où eurent lieu en 1896 les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne, comment se fait-il que le destin ait fait en sorte qu'ils deviennent des Beaucerons d'adoption? La réponse est bien simple: Constantino ( Constant ), le plus âgé des frères Panayotopoulos, qui avait déjà quelques notions de français et qui travaillait à Montréal, avait connu une jeune fille qui demeurait à Saint-Martin de Beauce.

Après quelques visites dans notre région, il a décidé, en compagnie de ses frères, de louer le restaurant de l'Hôtel National, situé autrefois sur la deuxième Avenue (stationnement du Bar 4 000 aujourd'hui), qui devint ainsi le premier restaurant de Saint-Georges ouvert 24 heures sur 24, tout en offrant à sa clientèle un service de livraison.


Théodoros Panayotopoulos, un des sept frères qui ont quitté leur pays natal, la Grèce, afin de venir s'installer à Saint-Georges il y a plus de 45 ans. À son arrivée au Canada, Théodoros ne disposait que d'un maigre 35$ afin de subvenir à ses besoins.

Certains détracteurs reprochent parfois aux immigrants de devenir un fardeau pour la société qui les accueille, ce qui n'est assurément pas le cas pour les frères Panayotopoulos. Ces derniers ont plutôt permis à plusieurs personnes de pouvoir gagner leur vie en travaillant notamment au El Gréco, Les 7 Frères, ou encore à l'Apollon. En 1965, le restaurant « Les 7 Frères » déménagea sur la première avenue, et sa clientèle ne cessa de prospérer, devenant un des endroits les plus achalandés de Saint-Georges. Le restaurant était situé autrefois sur le stationnement qui aujourd'hui fait face à la Banque Royale.

Un an plus tard, c'est dans le Vieux-Québec qu'on décida d'ouvrir un deuxième restaurant du même nom, qui s'est acquis une réputation très enviable dans le milieu des couches tard de la Vieille Capitale.

Apparemment, la bonne humeur y régnait et tous se rappellent encore les délicieux cafés-cognac qu'on y servait. Trois des frères Panayotopoulos déménagèrent alors dans cette ville afin de mener à bien ce projet. Cependant, il faut dire que Saint-Georges de Beauce fut vraiment pour ces sept immigrés, la ville qui leur rappelle les plus beaux souvenirs, et qui leur a permis de se faire de nombreux amis(es). Les yeux de Théo se remplissent de larmes lorsqu'il nous parle de la belle époque où pratiquement tous les marchands de la première avenue, de même que plusieurs Georgiens et Georgiennes, se donnaient rendez-vous dans leur restaurant au moment des fameuses débâcles, où encore lors des périodes électorales. Les clients qui fréquentaient le restaurant pouvaient alors devenir les témoins d'échanges parfois assez musclés entre les protagonistes, qui étaient rapidement ramenés à l'ordre par les propriétaires, dont la musculature et la forme resplendissante leur permettaient de bien maîtriser la situation. « Nous n'avions pas à demander l'aide de la police, car nous préférions régler cela nous-mêmes, afin que le restaurant conserve sa bonne réputation » nous dit Théo en esquissant un sourire taquin.


Le Restaurant Pyramide, situé sur la sixième avenue, fut acquis et restauré par Théodoros ( Théo ) en 1986 et devint l'Apollon. Ce dernier en demeura le propriétaire durant plus de 21 ans. Par la suite, les nouveaux acquéreurs le rebaptisèrent le« Marco Polo », pour devenir plus tard le « Baril Grill »

À mesure que les années passaient, les Constant, Angelo, Tony, Christos, Théo, Grégoire et Jimmy perfectionnaient leur français, ce qui leur permettait d'entrer plus facilement en communication avec ceux qui les avaient accueillis, et qui sont devenus au fil des ans de véritables amis. Afin de ne pas perdre leur langue maternelle, les cinq frères qui demeurent encore à Saint-Georges (Grégoire réside aux États-Unis et Jimmy à Québec ) se réunissent régulièrement afin de regarder des émissions de télévision qui leur parviennent de la Grèce. Ceux qui, comme moi, ont eu l'occasion d'écouter les cinq frères « Panos » entamer des discussions en grec ne peuvent que s'interroger sur la manière dont ces derniers font pour se comprendre. Probablement qu'à leur arrivée en Beauce, il se posaient les mêmes questions concernant notre parlure beauceronne.


Théo a perdu sa première épouse, décédée d'un cancer, Il a par la suite épousé Dany Busque, et le couple a eu 4 superbes enfants, qui portent de très beaux noms: Mirka, Tina, Niky et le benjamin Yani.

En 1986, suite à la série d'incendies qui ont détruit quelques commerces de la première avenue, conséquence de la débâcle qui avait endommagé le système électrique de plusieurs d'entre eux, un nouveau restaurant fit son apparition dans le paysage de Saint-Georges Ouest ( les deux villes n'étaient alors pas réunies ) et portait le nom du dieu grec du chant, de la musique et de la poésie: «L'Apollon» Chose assez surprenante et qui me fait sourire à chaque fois que je demande à mon ami Théo de prononcer certains mots: les Grecs sont incapables de prononcer la lettre J, tout simplement parce que cette lettre ne fait pas partie de leur alphabet. Lorsque vous rencontrerez un des frères Panayotopoulos, demandez-leur de prononcer le mot...Josée. Vous allez vous tordre de rire en les voyant faire tous les efforts inimaginables, et qui font en sorte que le seul mot qui sort de leur bouche est....Yosée.


Cette photo fut prise il y a une dizaine d'années. On reconnaît au premier plan: Jimmy, Angelo et Théo. À l'arrière: Tony et Christos

Ces nouveaux arrivants s'étaient tellement bien intégrés au sein de la communauté georgienne, qu'ils devenaient parfois la cible des taquineries de leurs amis, qui les avaient surnommés...« Les quatorze gosses » A ceux qui l'affublaient de ce sobriquet, Théo avait l'habitude de répliquer: « Vous vous trompez, il faut dire...les quinze gosses. Vous n'avez qu'à venir à la maison, et je vais vous le prouver! Vous verrez alors que je vous dis la vérité ». Jusqu'à aujourd'hui, personne n'a osé relever le défi lancé par Théo, très content d'avoir ainsi semé le doute dans l'esprit de ses amis. Quel est ton plus mauvais souvenir, ai-je demandé à mon bon ami Théo, avec qui je déjeune régulièrement dans quelques restaurants de notre ville, en compagnie d'autres membres de notre petite confrérie?

«Définitivement, c'est l'incendie qui a détruit « Les 7 frères» en 1986, alors que tant de beaux souvenirs sont partis en fumée » me répondit-il avec une émotion palpable! « Et ton plus beau souvenir, quel est-il » lui demandais-je avant de clore cette entrevue, qui compte parmi les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de réaliser. Avec toute la sagesse et la noblesse qu'on lui connaît, héritage légué par ses ancêtres Socrate, Platon ou Aristote, Théodoros Panayotopoulos me sembla effectuer un retour vers le passé, et d'une voix empreinte d'émotion et de mélancolie, m'adressa ces simples mots: « Tous les gens que j'ai connus »!


Régulièrement, Théodoros Panayotopoulos déjeune avec quelques-uns de ses amis dans les restaurants de Saint-Georges, notamment «Chez Francine». Ces rencontres lui permettent de se rappeler le bon vieux temps ou l'Apollon était reconnu comme étant un des meilleurs restaurants de Saint-Georges


La famille de Théodoros Panayotopoulos , photographiée lors d'une visite au Festival des sculptures sur neige de Saint-Georges.

Imprimer ce texte
7 frères Panayotopoulos

Des Beaucerons venus d’ailleurs…de la Grèce jusqu'à Saint-Georges

Les sept frères Panayotopoulos

Les Panayotopoulos font partie de l'histoire de Saint-Georges, ...
Carl Pépin - jour du souvenir

Carl Pépin

Un Passionné de vie militaire

Les compétences détenues par Carl Pépin, docteur en histoire ...
Lamas à St-Philibert

Une observation d'Yvon Thibodeau

La Beauce: «Royaume des photographes»

Étant allergique aux animaux, je n'ai jamais eu le plaisir de les ...
autoroute

Que retenir de l’année 2009?

Que le bon côté des choses

Entre la naissance du premier bébé de l’année 2009, Marion Bureau, ...
AUSSI DANS L'ACTUALITÉ

Une école-entreprise au cœur de Sainte-Marie

Les plaisirs du bénévolat

Stephen Harper vu par Yvon Thibodeau

«Private Caron» 90 ans et bien portant

Actualité  |  Commentaires  |  Archives  |  Avis de décès  |  Emplois  |  Calendrier  |  Recettes  |  Loterie  |  Horoscope  |  Sudoku

ÉditionBeauce en page d'accueil | Mobile | Annoncez sur ÉditionBeauce.com | Nous joindre
Copyright © 2009 Eox78 Inc. Tous droits réservés textes et photos